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mardi 26 mai 2015

AVIS A LA POPULATION : les nèfles, ça se mange !


Il est des fruits injustement boudés. Des fruits qu'on voit mais qu'on ne regarde pourtant pas, ne correspondant ni aux traditions comestibles, ni aux canons de la beauté fruitière. Ainsi pourrissent au sol mûres de mûriers platanes (cliquez ici pour voir), arbouses rougissantes, et même figues, doublés par fraises, cerises ou encore abricots bien calibrés. Les nèfles font partie de ces oubliés, reléguées à la seule expression française peu reluisante "des nèfles"... Triste sort !


Pourtant à portée de main dans bon nombre de jardins où ses arbrisseaux sont principalement ornementaux, elles sont peu connues des palais français. Fruit du néflier du Japon aux feuilles longues et coriaces, la nèfle, aussi appelée bibasse -ou bibace- à la Réunion, se dote en début de saison d'une belle peau duveteuse orangée. Peu charnue avec de beaux noyaux non comestibles en son centre, elle se consomme pelée. La nèfle est particulièrement douce, rafraîchissante et sucrée, parfois légèrement acide, dotée d'un goût particulier sans parfum réellement extraordinaire, d'où, certainement, son délaissement. 


Elle devra être rapidement mangée après la cueillette, sous peine de la voir se colorer de tâches noires, bien qu'elle n'en restera pas pour autant impropre à la consommation. On pourra alors en faire des confitures, compotes, tartes... Mais le mieux sera de la manger crue, finalement comme tous les fruits, la nature faisant bien les choses et bons les goûts. Un petit délice gratuit : profitons-en, c'est la pleine saison !

lundi 27 avril 2015

Le gâteau à l'orange le plus addictif de la galaxie



Certaines recettes se partagent avec une facilité déconcertante. Ainsi, gâteaux au yaourt, roses des sables, ou encore gâteaux aux petits beurres se retrouvent bien souvent sur les devant des scènes culinaires ménagères, avec pour principal critère leur simplicité, capables d'être faits par tout le monde, même par les moins habiles de la cuillère en bois. Alors, pour diversifier un peu le panel, voici une de celles-ci transmise gracieusement par un certain Kévin, loin d'être cuisinier, mais qui a pu trouver là un petit bonheur sucré à se faire tout seul : le gâteau à l'orange. Extrêmement simple, léger, et carrément addictif, il est le résultat d'une bête alchimie entre quelques ingrédients phares de nos cuisine, et ne demande aucune expérience pour être réalisé. Allez hop, recette !



Vous aurez besoin de ça :

-2 oranges NON TRAITÉES (c'est important car les zestes seront utilisés)
-120 grammes de farine
-200 grammes de sucre (oui, c'est sucré, mais c'est bon)
-80 grammes de beurre
-1 sachet de levure chimique
-2 œufs

Pour faire ça :

Commencez par ramollir le beurre, soit dans le four qu'on peut préchauffer, soit au micro-onde. Si vous le faite complètement fondre par mégarde, pas de panique ! ça ne changera rien à la recette que vous suivrez tranquillement avec ce beurre fondu. Ajoutez-y 120 grammes de sucre et mélangez (à  la cuillère, au fouet, à la fourchette, as you wish). Incorporez ensuite la farine, la levure, et les œufs. Le mélange doit être homogène et lisse. Râpez tous les zestes d'une orange, en prenant soin de ne pas trop appuyer pour prendre le moins possible de blanc duveteux de l'orange, puis pressez cette dernière. Ajoutez jus et zestes à la pâte à gâteau, touillez bien, versez la dans un moule beurré, et enfournez à 200°C pendant un quart d'heure. Pendant la cuisson, pressez l'autre orange. Ajoutez à ce jus les 80 grammes de sucre restants, et faites chauffer, simplement pour que tout le sucre fonde et fasse un beau sirop. Après avoir vérifié la cuisson du gâteau (la pâte plutôt liquide ne doit plus "trembler"), sortez le et versez lui le sirop dessus, tout de suite. Pour les plus gourmands, sur une idée géniale et originale de Roxane, un petit conseil : faites une ganache avec 50 grammes de chocolat noir bien fondu dans 50 grammes de crème fraîche pour recouvrir le gâteau froid, mettez au frigo pour laisser prendre, et goûtez. Vous verrez, c'est juste divin... VOILA ! 

Bonne dégustation, et partagez à tous, pour que tous en profitent !

jeudi 9 avril 2015

Des herbes sauvages belles à croquer !




Le printemps est là, enfin ! Journées allongées et embellies de chaude lumière, petites et grosses bêtes qui s'agitent pour accueillir amant d'un quart de seconde ou d'une vie et progéniture, herbes folles qui percent le sol et bourgeons discrets qui explosent en feuilles d'un vert frais, fleurs aux belles couleurs apparues comme par magie... Joie ! Pour le célébrer comme il se doit, rien de mieux qu'une bonne balade. Et pourquoi  ne pas la ponctuer d'une cueillette gourmande pour se mettre au pas de la chaude saison et ainsi, couronner le tout ? Présentation de quelques unes de ces herbes gourmandes, mets oubliés de nos assiettes, pourtant si fins et, surtout, gratuits !

- Attention, il est important de faire ses cueillettes dans des lieux totalement sauvages, loin de la pollution des routes, des villes et des champs -

Les AROMATIQUES : 
cueillez-les (sans les racines pour les laisser continuer tranquillement leurs vies) et écrasez les feuilles entre vos doigts pour sentir leurs parfums.

-Le THYM 



Chanceux qui habite près de la garrigue où le thym pousse avec force en petits arbustes près du sol dans le calcaire des collines arides ou les terres sablonneuses très ensoleillés. Maître des herbes de Provence, on le trouve en toutes saisons, plus ou moins garni de petites feuilles légèrement veloutées, allant du vert pâle au vert bleu, aux odeurs aussi diverses que les terres où il fait sa place. Fleurit dès cette période de petites fleurs violettes à blanches, il s'utilise aussi bien frais que sec dans divers plats mijotés, ou saupoudré sur des viandes poêlées par exemple.


-Le ROMARIN 


image tirée du blog Pêcheur de Lune
Autre maître des herbes de Provence aux longues feuilles tendres, sortes d'aiguilles plates vert foncé au dessous blanc légèrement recourbées sur les côtés, il s'expose en magnifiques arbustes aux fleurs bleu pâle dans les collines méridionales. Comme son allié sus-nommé, on le trouve toute l'année et se consomme aussi bien frais que sec. On pourra par exemple l'utiliser dans un poulet rôti, qu'on farcira d'une belle branche de romarin frais et de gousses d'ail qui feront sans nul doute l'unanimité. 

-La SARRIETTE 


image tirée du site Rustica
Petite plante aux feuilles aiguës souvent dures et piquantes, la sarriette vit en sous-arbrisseau au vert prairie sur les coteaux calcaires jusqu'à 1500 mètres d'altitude. Son odeur presque sucrée rappelle étrangement... la pizza ! Employée fraîche ou sèche et accommodée à des carottes et oignons revenus dans de l'huile d'olive, recouverts de quinoa qu'on laisse mijoter le temps nécessaire et auquel on ajoutera une pointe de miel, elle enchantera votre palais.


-Le LAURIER SAUCE 


image tirée du site Jardin des Gazelles

Cet arbrisseau pouvant monter jusqu'à l'arbre, touffu de belles feuilles vert foncé luisant sur le dessus, aux contours ondulés et aux fruits ronds noirs, se trouve encore une fois sur les coteaux, mais aussi dans les bois et sur les bords des ruisseaux. Arbre sacré de la mythologie grecque et incontournable des bouquets garnis, il ne suffit que d'une feuille pour parfumer tout un plat, qu'il soit pour deux ou huit personnes.

-L'AIL des JARDINS, ciboulette sauvage



Autrement appelé ail des champs ou scientifiquement allium oleraceum, ses longues tiges droites en tube au beau vert pairie poussent au bord des chemins, sur des terrains plutôt herbeux. Son odeur et son aspect en font une très proche cousine de la ciboulette, et trouveront leur place dans toutes les préparations la concernant : omelette, vinaigrette, ou encore beurre aromatisé. Pour ce dernier il faudra simplement le ciseler finement au couteau ou aux ciseaux dans du beurre mou, additionné à un peu d'échalote pour parfaire le tout : tartines et patates en robe des champs haut de gamme en perspective !


Les LÉGUMES : 
celles qu'on cuit. Ou pas...  

-Le POIREAU de VIGNE 



Autrement appelé poireau sauvage, on le trouve comme son nom l'indique dans les vignes, mais aussi dans les prés, ou au bord des chemins. Un air de famille qu'on retrouve chez son cousin cultivé : des feuilles poussant les unes au-dessus des autres, en passant par son goût -quoique plus fin-, jusqu'au dégradé du vert au blanc. Il faut creuser pour le glaner, l'ôter de la terre qui l'entoure et en rejeter (replanter) les petits bulbes qui entourent le principal. A consommer comme son cousin, en retirant les feuilles abimées et en coupant l'extrême extrémité verte : glacé, en soupe, dans des ragoûts, à la vapeur, ou cru ciselé dans une vinaigrette.


-L'ORTIE 


image tirée du site la Santé Naturelle


Elle pique comme une petite guêpe qui s'acharnerait de quelques coups de dard sur les mollets ou sur quelque autre partie qui frôlerait ses petits poils urticants qui ne le sont plus à la cuisson. On la trouve un peu partout, et il suffit soit de la caresser dans le sens du poil, dirigé vers le sommet (exemple en images ici), soit prendre des gants pour en récolter les jeunes pousses de printemps avant sa floraison. On peut la cuire comme des épinards après 3 secondes ébouillantée, ou encore en faire -ce qui semble être sa plus courante utilisation- une soupe avec 200gr de feuilles pour 400gr de pommes de terre.


-La SALICORNE et la CRISTE MARINE 


Criste-marine / tirée du site Zvonko


Salicorne / tirée du site Délices d'Edith


Charnues et grasses aux aspects différents, ces deux plantes poussent toutes les deux à proximité de la mer, la première sur les marées salants, la seconde dans les rocailles. Là où la salicorne est fortement salée et emprunte à la mer tous ses arômes, la criste marine se rapproche de la carotte, bien que déjà salée, là aussi. On mange les jeunes pousses crues ou cuites des deux plantes : sautées rapidement à la poêle dans du beurre ou de l'huile d'olive, cuites dans de l'eau salée façon haricots verts, dans une soupe de légumes pour la criste-marine, ou encore gardés en bocaux dans le vinaigre façon cornichons pour la salicorne, fameuse recette de la Manche (ici pour la trouver). 
-Attention, espèces protégées selon les lieux ! Renseignez-vous avant le ramassage-


 Les SALADES :
celles qu'on mange crues. Ou pas...


-La ROQUETTE SAUVAGE


image tirée du site mon jardin ma maison


Alias riquette ou rouquette, elle ressemble à s'y méprendre à sa cousine cultivée. Les touffes de fines feuilles  d'un vert foncé aux jolies petites fleurs jaunes se trouvent sur les bords de chemins et talus principalement dans le sud de la France, et son odeur de noisette poivrée ne trompe pas. Star du mesclun (mélange de salades différentes), elle peut se manger crue aussi bien accompagnée que seule, et peut également entrer dans la composition d'un bon pesto au goût bien particulier et légèrement piquant.


-Le PISSENLIT : 



Consommé depuis la nuit des temps, il est surement l'une des premières fleurs reconnue et apprise par les enfants, grâce à sa belle couleur jaune et à son nom qui les fait largement glousser ou doucement pouffer et qu'on doit à sa vertu diurétique. Il pousse partout et s'achète couramment sur les étals des marchés du nord de la France principalement. Le mieux reste de le consommer comme il est, en salade faite de belles et jeunes pousses.


-Le POURPIER


Issu du latin pulli pedem, littéralement pied de poulet, ses fleurs jaunes et petites feuille arrondies et charnues, attachées à des tiges -plus ou moins- rougeoyantes couchées sur le sol, se promènent dans les champs, jardins et chemins où il fait plutôt chaud. Le pourpier est l'une des bases du régime crétois, connu entre autre pour s'éviter des maladies cardio-vasculaires. On ramasse ses jeunes feuilles et tiges, croquantes et juteuses au goût légèrement acidulé, pour les ajouter aux salades, ou encore pour les déguster conservées dans le vinaigre.


-Les FLEURS

Gargouillou tiré du site une faim de Lyon

Et puis... Toutes ces fleurs pour colorer et égayer plats, salades, fromages ou desserts : mauves, violettes, pâquerettes, acacias, primevères, coquelicots, trèfles... Dont le chef Michel Bras use notamment pour en faire un magnifique "gargouillou" bien de chez lui, et dont on pourra piquer quelques excellentes idées par ici :  http://www.bras.fr/site_blanc/pdf/gargouillou.pdf


Les ouvrages sources : 

- Plantes sauvages comestibles, par S.G. Fleischhauer, J. Guthmann et R. Spiegelberger aux éditions Ulmer
- Ces précieuses plantes de Méditerranée, par le docteur Yvan Avramov aux éditions Edisud
- Recettes de cueillettes, issues du fond de la collection Recettes paysannes, par Marc Béziat, aux Editions du Curieux
- Herbier Gourmand, de Marc Veyrat et François Coupla, aux éditions Hachette
- Les Aliments qui Guérissent, par Sophie Lacoste, aux éditions Leduc.s

Pour aller plus loin dans la recherche, quelques sites internet : 

-http://www.couplan.com/fr
-http://www.plantes-comestibles.fr
-http://yoann.hue.free.fr/herbier.html


mardi 25 novembre 2014

Qui cuisine un oeuf, n'a plus de boeuf... !

Ils traînent souvent de longues journées enfermés sagement sur les grilles du frigo, comme oubliés. Puis un jour, dégagée de tout concurrent, la boîte de 6 œufs (code 0 ou 1 bien sûr!) achetée il y a deux semaine se présente à vos yeux, seule au milieu du vide froid, comme une évidence. 6 oeufs, une multitude de possibilités : florilège des plus simples !


Quand on pense oeuf, on pense tout de suite à la facilité d'action de n'avoir qu'à les plonger dans l'eau. Mais alors là, la grande question arrive : quels sont les temps de cuissons ? On cherche dans ses livres de cuisine, sur internet, on use du fameux joker "Allô, maman ? "... Hé bien évitez-vous dorénavant un coup de fil long de 3h et ne retenez qu'une chose : 3-6-9 minutes. Traduisez ces temps par ces états, dans le même ordre : coque (seulement si les œufs sont extra-frais), mollet, dur.  Vous agrémentez de mouillettes beurrées-salées les premiers, de sauce les seconds, et par exemple de mayonnaise MAISON les 3ème : 1 jaune d’œuf cru, un chouya de moutarde ou des épices pour qui veut, sel poivre, auquels on ajoute progressivement de l'huile neutre (colza, tournesol) en fouettant vigoureusement. L'huile doit être incorporée avec parcimonie au fur à mesure,en plusieurs fois, et être bien intégrée avant d'en rajouter plus et la voir monter (technique ici).

Crespeou de Valérie Biset

Autrement, on peut faire dans le grand classique : une omelette. A laquelle plein de choses excellentes qui égayeront tout plein votre repas pourront être ajoutées : épices, champignons, échalotes finement ciselées, pesto, fromage râpé, ail... Voire en faire plusieurs d'un coup pour monter un gâteau d'omelette, alias "crespeou". Cette recette typiquement provençale est composée d'omelettes différentes : à la tomate, aux épinards, aux olives (ou tapenade), aux courgettes râpées, et aux oignons, accompagnée d'un coulis de tomates. Il faudra dans ce cas faire en sorte de ne pas excessivement cuire les omelettes, de manière à ce qu'elles soient encore légèrement -vraiment légèrement- baveuses pour pouvoir adhérer les unes aux autres, et ne former plus qu'un tout aux belles strates colorées.

Oeufs à la neige du blog legumesetchocolat.net

Enfin, une dernière petite idée pour utiliser vos œufs à bon escient, et cette fois-ci à la sauce sucrée : les œufs à la neige, qu'on confond souvent avec les fameuses îles flottantes à la technique pourtant différente. Recette ! Prenez 5 œufs pour environ 5 personnes, séparez les blancs des jaunes, et réservez les blancs au frigo, le temps de préparer une crème anglaise avec les jaunes. Pour la recette, c'est chez Chef Simon que je vous envoie, comme d'habitude : cliquez ici. Une fois votre crème anglaise réalisée, mettez une casserole d'eau à bouillir, puis montez les blancs en neige bien fermes. Il s'agit maintenant de pocher (c'est-à-dire cuire) ces blancs dans l'eau bouillante : prélevez-en une belle cuillère, et plongez la dedans. La cuisson est très rapide, il faut retourner presque tout de suite le blanc qui forme désormais un bloc mousseux, puis le retirer rapidement avec un écumoire, une fois qu'il est entièrement cuit (même pas une minute de cuisson, sous peine de le voir réduire comme une peau de chagrin). Vous le placez ensuite sur un amas de feuilles de sopalin pour le débarrasser de toute l'eau. Une fois tous pochés, posez les blancs sur la crème anglaise froide préalablement versée dans un joli (ou pas) saladier, ou dans plusieurs ramequins, puis faites un caramel à verser dessus -ce n'est pas obligatoire mais c'est meilleur-. Le résultat : un délice!

Allez, bon app , et partagez si vous aimez !

samedi 19 avril 2014

Pâques et ses poules : Aline Géhant VS Angéla de Beaupréau



Angéla de Beaupréau. Cette nouvelle enseigne siège du côté des halles, dans la rue de la Bonneterie plus précisément. Tout de rose bonbon sur gris taupe (ou dans le genre), les mots "artisan chocolatier" en lettres capitales accolées au noble patronyme de même teinte, et les créations chocolatées ont pignon sur rue et accrochent l’œil. Passée la porte, puissante odeur de chocolat, et foultitude de cacaotées gourmandises. C'est "mignon et gourmand", comme le dirait certainement Cyril Lignac.



Explications des provenances de cacao accrochées au mur, tablettes plutôt inventives et bonnes, dont une constituée de petites boules en guise de carreaux, forme d'une pertinence incontestable pour la bonne dégustation de cet excellent et fondant chocolat d'origine Madagascar, pour n'en citer qu'un, bonbons et moulages. Et alors, le rêve presque promis, tombe. Bonbons et moulages maladroits, qui bavent, et manquent cruellement de matière à certains endroits, chocolats mal conditionnés et blanchis par les coups, rebords sales, ganache un peu sèche et finalement peu gourmande... On lève la tête pour apercevoir l'atelier dans lequel tout se trame, derrière une grande baie vitrée, forcément toute transparente, qui laisse percevoir presque avec gêne l'univers professionnel de la chocolatière : un bazar de moules, culs de poule (saladiers), outils divers maculés de chocolat, et entreposés visiblement où ils peuvent.



Angéla de Beaupréau présente sur son site internet "un travail de qualité artisanal authentique et original, plus qu'un métier, une passion.". En somme, madame agit avec passion, moins le métier, visiblement secondaire. Mais les savoirs et techniques sont essentielles pour manier la matière, et présenter de belles pièces, dont celle servant à leurs confections, aux clients. Comme le disait Brassens, " sans technique un don n'est rien qu'une sale manie".



Côté techniques et savoirs faire, Aline Géhant en déborde. Prix du Jeune Talent du Salon du Chocolat 2011, elle s'est formée avec ardeur (on en parlait ici)pour manier le plus respectueusement possible cette matière qu'elle sait précieuse. Gros eufs en chocolat garnis, petits oeufs pralinés (ne pas rater ceux au sucre pétillant, addictifs...), poussins, fritures de Pâques, plaquettes : tout est luisant et impeccable, aux saveurs franches et ganaches fondantes et généreuses, loin de l'à-peu-près susnommé. En conclusion, Angéla de Beaupréau pour les fameuses tablettes fichtrement ingénieuses, et Aline Géhant pour... tout le reste ! 

Angéla de Beaupréau, 35 bis rue de la Bonneterie, 84000 AVIGNON
Tel. :  04 90 82 01 95
Site internet :  http://www.angeladebeaupreau.fr

Alice Géhant, 15 rue des 3 Faucons, 84000 AVIGNON
Tel. : 04 90 02 27 21
Site internet :  http://agchocolatier.e-monsite.com/

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jeudi 3 avril 2014

Légumes germés: restez pas plantés dans le frigo !



Surprise ! Depuis que vous l'avez acheté, c'est à dire il y a environ 15-20 jours, et qu'il traîne dans un placard, sur la table de la cuisine, ou tristement oublié dans le frigo, l'ail, la patate, l'oignon, le petit pois ou la carotte, a carrément poussé. Bon. Objectivement, cela résulte d'une évolution lente et patiente d'une germe flairant le printemps, sorte de micro-miracle de la vie. Mais pragmatiquement, on prend généralement soin de jeter ça rapidement, de peur que Mère Nature, ses bactéries et ses insectes pas clairs, n'envahissent trop un intérieur intime et sacré, méticuleusement géré.



Parce qu'il faut dire que tout ça là, la germination, les légumes trop vieux, et surtout la terre et ses petits locataires, dans notre belle et pimpante société, sont "naturellement" qualifiés sales, et salissants. Tout ça sans prendre en compte notre appartenance évidente à cette entité qu'est la nature, bien sûr... Au profit des supermarchés et de leurs légumes et fruits cirés de couleurs et calibres "conformes", bourrés de Round Up et autres produits cancérigènes, se faisant les pompiers-pyromanes d'un peuple hygiéniste. En vendant quasi d'office, pour ne citer que l'exemple de Carrefour Market, un bon 80% de la totalité de l'étal en la matière, de pommes de terre traitées contre la germination. Nature morte.


Alors en ce printemps 2014, pourquoi ne pas planter ces survivors sur tige ? Et s'autoriser à rester béat devant cette bête, belle, et infime évolution ? Infime et pourtant essentielle, en ces temps d'incertitudes sociales et sociétales, où de nouvelles habitudes de vie deviennent nécessaires, notamment pour se nourrir. Et puis le jardinage et tout  le toutim c'est bon pour la santé de toutes façons ! Et les bons légumes qui poussent tous seuls, sans produit, aussi. De la terre, présente sous vos pieds (ha non, pardon ! à la campagne) ou dans un magasin, une jardinière, une parcelle de jardin, un pot, de yaourt, en plastique, en terre cuite, ou en ce que vous voulez pourvu qu'il soit percé de quelques trous en dessous, les fameux germés plantés, et le tour est joué. Pour les petits trucs dans le détail, c'est ici ! C'est pas dur, c'est pas cher, et ça rapporte (à commencé par une certaine satisfaction personnelle). Révolution verte !


mardi 22 octobre 2013

A Avignon, Cyclo Panier ne tourne pas rond !

 Une reprise de l'année tardive toute en coup de gueule pour cette tambouille 2013-2014! 



Cyclo Panier, pour les Avignonnais intra-muros, c'est un peu le retour aux racines, à la vie de bohème. Magasin à la mode bio et raisonnée de la rue des Lices, livraison de paniers fermiers à vélo, tirant une - moderne - charrette, chapeau de paille sur la tête du livreur-propriétaire de l'enseigne, et chemise en lin au vent. C'est beau comme un petit oiseau bleu qui chante sur un brin de blé au lever du soleil, et ça envoie carrément du rêve aux nostalgiques d'une époque révolue, qu'ils n'ont surement pas connue. On peut même lire sur le site "Livraison à domicile gratuite et écologique". Larme à l’œil... Quand on voit les prix, la larme finit de couler, d'ailleurs: 21euros pour un panier de saison moyen,composé d'une salade, des pommes, des poires, UNE grappe de raisin, 4 artichauts, des bananes, des pommes des terre, du persil et de l'ail. Le prix de la livraison est en fait inclus, sans qu'on vous le dise, parce que c'est quand même pas donné, tout ça ! Et puis les bananes, on ne savait pas encore que c'était de saison à Avignon, comme les ananas, les fruits de la passion, les avocats du Pérou. Ca ternit un peu l'image respectueuse de la nature que le magasin met en avant. C'est bien beau de livrer en vélo, mais se fournir en produits venus des quatre coins de la terre, surement en avion, ça casse quand même la logique anti-pollution de la livraison à vélo, et celle inhérente - soit disant - à la pratique bio et raisonnée...


Bon les paniers sont une chose, la boutique en est une autre, bien que les produits vendus soient les mêmes. Décorée de bois, colorée de touches de vert, clairsemée de produits frais et des grands classiques de la région : tapenades, pâtés en tous genres, jus de fruits, charcuteries. Des prix plus qu'élevés pour les plupart des produits, notamment pour les jus de fruits, excellents par ailleurs, de 2,90euros à 3,40euros, ou encore pour les simples fruits et légumes de la région, dont du raison de la région à quelques 4,90euros le kg. Bon on paye cher, mais la qualité doit théoriquement suivre. Hé bien non! Des légumes très moyens, des pommes de terre piquées dans tous les coins, des pêches et nectarines qui font illusion mais sont immangeables, et une péremption rapide, mais rapiiiiiiiiide ! Plusieurs passages dans ce magasin pour tirer cette conclusion : ne plus y mettre les pieds ! On préfèrera les halles d'Avignon, et le Panier de Victor, par exemple, loin de se targuer d'être bio, mais qui propose d'excellents fruits et légumes locaux, à des prix locaux, ou la ferme de la Reboule de la Barthelasse, qui propose les produits issus de ses champs. Et là, on se sentira vraiment raisonné !

Cyclo Panier, 20 rue des Lices, 84000 AVIGNON
site internet : www.cyclopanier.com

Ferme la Reboule, 1250 chemin de la Barthelasse, 84000 AVIGNON
site internet:  http://www.accueil-en-provence-paysanne.fr/Produits-regionaux/Cappeau-Produits-de-la-Ferme.htm

Le Panier de Victor, les Halles, place Pie, 84000 AVIGNON

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mercredi 5 juin 2013

Entre producteurs et consommateurs, à Avignon, il n'y a qu'un panier !



Il était une fermière qui allait au marché, elle portait sur sa tête trois pommes dans un panier...



Marie et Lise en fermières des temps modernes nous l’ouvrent, leurs paniers pleins des beaux produits issus de notre riche (on a tendance à l’oublier) région agraire! Mais qui sont-elles, ces Marie et Lise au panier? Deux ex-super-salariées  du regretté Cueilli-Vendu, primeur créé par une association de producteurs soucieux de leurs récoltes et de leurs clients, fermé fin 2012 pour cause de loyer trop cher, notamment. Alors en employées engagées et motivées, les deux comparses n’ont pas accepté de regarder échouer ce projet humain et éco-consommateur, et ont décidé de se bouger pour rempiler sous de nouvelles formes : les leurs !



Le Panier de Marie-Lise, c’est  une SCOP (société coopérative de production) composée de Marie, Lise, et Simon, implantée dans un petit magasin du quartier de la Rocade avignonnaise, avenue de la Trillade. Le principe ? Le même que celui de Cueilli-Vendu (dont le label de qualité sera prochainement accolé à l’enseigne), à savoir la vente de paniers garnis -à commander prochainement via le site internet- et de produits frais, locaux, et de qualité, directement issus des producteurs et des artisans de la région, et situés pas plus loin que 50km pour la plupart. Favoriser circuit court et agriculture raisonnée, donnant lieu à une répercussion très intéressante sur les prix publics, tout en concurrençant supermarchés et grossistes alimentaires, et recréer une vie de quartier grâce au vrai commerce de proximité : la voilà la belle alternative de notre duo gagnant, dont la volonté et l’accueil souriant ont charmé dès le début les "mamies", désormais assidues, du quartier ! 



Qu’est-ce qu’on y trouve exactement ? Fruits et légumes de la région, et de saison, bien évidemment, avec provenances affichées clairement dans la majorité des cas (petits pois d’Eyguières, artichauts de Rognonas, navets de Loriol, carottes d’Althen-les-Paluds…),  dont des promos de 1 à 3euros sur des lots à cuisiner rapidement, mais qui se tiennent bien ; œufs de ferme, charcuteries, viandes et fromages du coin ; petits produits type biscuits, sirops, confitures, tapenades, vins… Enfin, plein de bonnes choses quoi!, et de couleurs chatoyantes qui donnent envie de cuisiner et de manger sain. Une belle initiative, de belles personnes, allez, arrêtez vous-y et plongez vos yeux dans les paniers, ça vaut le coup !

Le Panier de Marie-Lise, 85 avenue de la Trillade, 84000 AVIGNON

mercredi 17 avril 2013

La nigelle, belle reine noire au royaume des épices.




Petite graine noire et mate, fine et gracieuse à forme triangulaire, la nigelle est une belle épice, d’une classe incroyable et pourtant, elle reste peu connue et présente dans nos cuisines. Nigella sativa pour les savants, habat al-baraka (traduisez graine bénie) en Egypte, où on l’aurait retrouvée dans le tombeau de Toutankhamon, sanouj au Maroc, kalonji en Inde, ou encore cumin noir. Beaucoup de noms pour une petite graine issue de sa magnifique fleur bleue, ou blanche, utilisée depuis des siècles en Asie et Afrique du Nord pour ses nombreuses vertus : elle favorise la digestion, et soigne maux d’estomac et  problèmes de peau, notamment. Côté utilisation culinaire, c’est principalement sur les pains, qu’ils soient indiens ou méditerranéens, que la nigelle trouve sa place la plus visible, souvent aux côtés du sésame,  ou encore concassée après avoir été torréfiée (grillée) dans des currys ou chutneys. Arôme suave et amertume agréable, goût chaud légèrement poivrée, et bien loin du cumin, que certains rapprochent à l'origan, cette épice est particulièrement intéressante pour relever des plats avec douceur. Allez, une petite recette personnelle pour illustrer cette belle graine en robe noire !



Un petit riz aux asperges, petits pois, pois gourmands, bref, aux légumes verts comme les prés, en ce printemps fleurissant de beaux légumes primeurs. Alors, pour deux personnes, on aura besoin de :



-une poignée de petits pois frais

-une petite poignée de pois gourmands frais

-4-5 asperges vertes

-une échalote

-4 petites poignées de riz (ou deux grosses, pour les grosses mains)

-du sel, de la nigelle
-10cl de crème fraîche (à peu près)



Mettre à bouillir deux casseroles d’eau salée (l’eau doit avoir un goût salé, oui !), pendant ce temps écosser les petits pois, éplucher les asperges (la démo ici), effiler les pois gourmands (deuxième démo ici), puis laver le tout à grande eau. Faire cuire le riz dans une des casseroles d’eau bouillante, égoutter puis réserver. Cuire à l’anglaise (dans l’eau salée bouillante) les légumes verts, les uns après les autres, pendant environ 3minutes chacun, ils doivent garder leurs belles couleurs vertes (goûter pour vérifier qu’ils sont cuits, les pois gourmands et les asperges ne doivent plus résister sous la dent ou le couteau, mais garder une certaine fermeté quand même), et les refroidir dès que cuits sous l’eau froide, suffisamment longtemps pour stopper la cuisson. Couper les asperges en petits tronçons, et ciseler l’échalote. Remettre le riz à chauffer sur le feu, jeter dedans les légumes verts et l’échalote crue, ajouter la crème fraiche, assaisonner avec de la nigelle moulue (dans un moulin à poivre ou coupée au couteau), et du sel si besoin, bien mélanger, puis servir ! Et là, vous tomberez vous aussi amoureux de cette superbe épice, à coup sûr !