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jeudi 30 juin 2016

La Tambouille taille dans le vif : la blague de Patrick Raingeard, au Cap Estel.




[Réflexion introductive]
Dans les restaurants gastronomiques, les gastronomes ne sont pas les plus nombreux. Les vrais gastronomes, hein ! Pas ceux qui, présents en nombre, dépensent goulûment un blé germé sans interruption -souvent sans même lever le petit doigt pour la récolte- en s'empiffrant jusqu'à plus soif des mets les plus fins, sans attention, aucune. Non. Les vrais : les curieux, les étonnés, les chercheurs papillaires en quête de promesses sensorielles et de sensibilités gustatives de chefs qu'ils élèvent au rang d'Artiste. Ah oui, ils sont rares, les gastronomes, dans les restos gastros...



La Table de Patrick Ringeard

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Artiste : Patrick Ringeard, chef au "brin d'audace".
Qualité de la table : 1 macaron au Guide Michelin, table de l'hôtel 5* du Cap Estel (Côte d'Azur).
Tarif du Menu Inspiration et de sa succession de plats inspirés : 150 euros.
Tarif de l'accord mets et vins : 80 euros.

 
Capture écran site internet Cap Estel

Imaginez... Entre Eze et le Cap d'Ail, au centre d'un écrin de verdure ombragée de palmiers et de pins, un bâtiment blanc à faire rougir les villages crétois : piscine et balcons surplombent parfaitement les bleus ciel et d'azur ; en dessous, une plage privée cachée des importuns.Vous l'avez ? Digne d'un hôtel particulier panaméen au bon goût incontestable, ou même carrément du rêve américain, voici le Cap Estel ! Allez zou, on rentre. 


Bon, après un accueil plutôt fissa qui laisse les clients plantés quelques minutes au beau milieu de la belle et blanche  terrasse, on s'assoit face à la somptueuse vue sur le soleil couchant, bientôt remplacé par une lune parfaitement centrée sur la mer. Carte vite lue, puisqu'on veut goûter l'inspiration du grand chef. Allez, on entre dans le vif du sujet : première mise en bouche. Une brouillade crémeuse à la truffe dans une so' chic coquille noire, surmontée d'une mignonne fleur de truffe arrive comme une belle promesse. Une texture plutôt crémeuse, pas désagréable, mais quand même, crémeuse du genre grainée. Bon, c'était quand même sympa, puis on tourne la tête: "haaaa, quelle vue imprenable !" -quoique le cendrier plein posé sur la desserve d'en face durant tout le repas l'aura légèrement embrumée-. S'ensuit un grignotage peu banal : huile d'olive et petit panier empli de toasts de pain de campagne, de 2 barbajuans monégasques (petits chaussons aux blettes) et... de crudités. On avait quand même prévenu lors du rituel "vous avez produits non aimés, non digérés, ou allergènes?" : oui, pas de crudité. Mais soit, les chou romanesco, cèleri et carottes sont frais en bouche en ces débuts de chaudes soirées estivales.  


Pour tout dire, même si on n'aime pas, on se met à rogner toutes les petites sommités de romanesco, tant la faim monte crescendo. Parce qu'on attend. On attend... Longtemps... Mais looongtemps... Pour voir finalement défiler tout au long du repas des petites bouchées qu'on prendra jusqu'à la fin pour des mises en bouche, par la taille et par l'esprit. Pas mauvaises, non, mais très éloignées de la promesse artistique, qu'on attendait de palais confiant et ferme. Un morceau de thon fumé qui laisse au bon goût de trop peu, une cassolette de langouste au butternut hivernal sans originalité aucune, saint-pierre tandoori encerclé de betteraves inexplicables, courgette et glace à la morille aux saveurs de poudre de morilles séchées, ris de veau à l'excellent jus, tristement servi avec les mêmes choux romanesco rongés auparavant et quatre tristes morceaux de navets pochés... Quant à l'espuma de chèvre frais insipide, on tombe carrément dans l'improbable, et presque dans l'irrespect : là sont posées les jolies et  tarabiscotées pousses de petits pois et fleurs roses déjà servies sur quelques 4 ou 5 "bouchées" tout le long du dîner... 



Le tout accordé à une piètre sélection de vins bon marché, sur lequel le sommelier s'attarde avec joie tandis que la glace de la courgette fond, et qu'on n'ose pas l'interrompre. Comble du professionnalisme, il oublie de servir un verre sur un plat : "Ah pardon, je suis arrivé trop tard", dira-t-il. Ah bon. Au dessert, c'est carrément le festival de gag, autour d'un saké aux arômes intéressants. Petite précision du maître des spiritueux, qui finira par offrir la totalité de l'accord vins : "Je vous le donne maintenant, mais il est pensé pour le dessert !". Résultat : un accord magique avec le pré-dessert à l'ananas, loin d'être inventif mais réellement bon, qui tuera les arômes tant de l'alcool que du dessert aux agrumes et de ses mousseuses sphères finement gélifiées, par une amertume insupportable. 


Tandis que, pendant tout ce temps, et à deux ou trois reprises au cours de la soirée, on le voit apparaître. Bedonnant, tranquille, Patrick Raingeard dans sa blanche tenue salue fièrement ses hôtes, tous étrangement dithyrambiques. Fin de repas, la faim d'un bon dessert encore au ventre, désespéré, on demande à la maître d'hôtel : "Mais pourquoi des betteraves, du butternut, des navets, des racines quoi ?!?". Maître d'hôtel qui rétorque qu'en effet la carte d'hiver n'a pas encore été changée. Et que le personnel manque. Et que toutes ces critiques sont fondées... Bref, Patrick Raingeard en a effectivement eu, de l'audace, et pas qu'un brin : celle d'insulter ses clients, au travers d'une caricature gastronomique grotesque. Aussi superbe soit le cadre, sûrement l'un des pires 1 macaron Michelin de France -pour cette Tambouille, bien sûr-

Mais alors, très chers gastronomes, d'où sortir heureux et repu d'un bon et généreux restaurant, trois fois moins coûteux ? D'ici :
 
Song Qi, A'Trego, Marco Ristorante

- le Marco Ristorante, petit bijou préservé par ses jaloux clients sur le port du Garavan de Menton, face aux bateaux, pour une ambiance de service à l'italienne, où les cendriers pleins ne restent jamais longtemps sur table. Vous y goûterez une divine préparation de produits de Méditerranée d'exception pêchés le matin même (foncez sur les tartares si le choix se présente ! ) et des pâtes légères et variées. Site internet : aucun ! mais voici le numéro : 04 93 84 16 90.
- l'A'Trego, au Cap d'Ail, où le jeune chef Clément Brebion, (déjà mentionné dans cette tambouille pour la cuisine de la Treille avignonnaise, en 2012) officie pour une cuisine de bistrot chic, fine et honnête, aux beaux produits, et où le service impeccable et le cadre "surplombant la mer" sauront vous parler. Site internet : http://www.restaurantatrego.com/
- le Song Qi, à Monaco, pour apprécier les délices de la carte du chef chinois Alan Yau, avec une mention toute spéciale pour les fabuleux shumaïs de bœuf de Kobe, dont votre esprit gardera longtemps les suaves saveurs. Site internet : http://www.song-qi.mc/

mardi 3 novembre 2015

Chez Cécile, la liberté a bon goût !

Absence de quelques mois dans le cyber-paysage pour cette Tambouille pleine de désinvolture, qui prend son temps pour dévoiler ce qu'elle veut, quand elle veut... !

Cécile Forissier (image tirée de la Provence.com)
Alors, pour revenir avec joie et le poing levé pour clamer haut et fort cette fameuse notion qu'est liberté -qui ne colle que trop peu aux basques de la restauration-, petite présentation d'une cheffe qui en use avec intelligence dans son établissement des Angles. Cécile Forissier est une cheffe atypique : ex-journaliste, cette passionnée de gastronomie gagnante d'un concours national de cuisine en amateur, a lâché stylos et ordinateur pour casseroles et poêles à frire. On a ainsi pu goûter ses réalisations dans le cadre des ateliers Papilles en cuisine dont elle était gérante, puis au restaurant d'insertion avignonnais Equilibre, mais aussi dans le restaurant saisonnier de la Chartreuse, pour un temps. En d'autres termes, une vraie trublionne qui n'en fait qu'à sa tête pour errer sur les chemins des plaisirs qui lui conviennent !



La petite présentation faite, entrons maintenant dans le vif du sujet : Chez Cécile, établissement situé aux alentours du grand rond-point de Bellevue, aux Angles, est le dernier sentier qu'elle a choisi d'emprunter depuis un an et demi. Ici, elle officie dans son petit restaurant à la vingtaine de couverts, cadre agréable et intimiste, terrasse réduite aux belles roses en bordure. Cécile Forissier offre là de se sentir à l'aise, comme chez soi, ou plutôt comme chez elle. Et on s'y sent en effet à l'aise, puisqu'on traîîîîîîne. Seule sur tous les fronts, au four et à la table pour servir ses clients et enfin voir les visages ravis par sa bonne ripaille, elle a cette fois-ci choisi l'option solitaire. Solitaire et libre, parce que la cheffe n'ouvre sa petite entreprise que les midis en semaine et ferme les soirs et week-ends pour vivre normalement sa vie de famille, option peu courante en restauration traditionnelle...

 
Et sa liberté ne s'arrête pas là : ici, pas de carte -mis à part celle des vins- ni d'ardoise, mais seulement une annonce de sa part pour prévenir de l'unique plat du jour à 14 euros préparé au gré de ses envies et du marché. Par exemple ? Une belle entrecôte du lundi servie avec salade de chou rouge, pommes de terre rissolées, douce et onctueuse purée de chou-fleur et brocoli, et petite tartelette aux poireaux. Un régal aux cuissons de viande respectées et aux accompagnements faits de beaux produits bien travaillés. Bon, elle l'avoue, elle préfère travailler le poisson, et la viande est souvent le lundi, jour de reprise fastidieuse... 



Pour suivre, quelques desserts à 5 euros, là encore au gré de ses envies. Ce jour là, la cheffe proposait les deux incontournables moelleux et  panna cotta, une salade de fruits frais à l'ananas et aux fruits de la passion, une mousse aux deux chocolats, et un café/thé gourmand à 7 euros rassemblant chacun des sus-cités version miniatures, tous bons. On n'oubliera pas de noter la belle proposition de thés, puisqu'il s'agit d'une sélection de la très chic maison de thés Mariages Frères. Une addition à 21euros pour un excellent repas, servi avec le beau sourire et la bonne humeur de la patronne. Bref, une table à découvrir d'urgence !

Chez Cécile, 6, avenue de Verdun, 30133 LES ANGLES
Tél. : 06 13 28 36 32
Ouvert tous les midis en semaine, fermé soirs et week-ends

mardi 25 août 2015

Le 7 de Pic : un passage vraiment pas obligé !



"Route des vacances, qui fait de Paris un petit faubourg de Valence...". La mythique nationale 7 chantée par Trenet a depuis quelques années son resto-hommage, en lieu et place de l'ancienne route empruntée par tant de vacanciers de la première heure des RTT, gais comme des pinçons de prendre leurs nouveaux congés. Le 7, c'est donc le "bistro chic" de la célèbrissime cheffe au trois macarons Michelin Anne-Sophie Pic, restaurant aux tarifs bien moins onéreux que son établissement gastronomique, comme le veut la désormais tradition de tous ces chefs étoilés qui multiplient les conquêtes immobilières. 


Des sillons du sol de la "Place Anne-Sophie Pic", cour verdoyante ombragée d'un beau tilleul, aux couleurs rouge, noire et grise de l'ensemble du mobilier et des tenues des serveurs pros, souriants et aux petits soins, jusqu'au nom de la formule "Plein des sens", tout rappelle ici la fameuse voix express. Le cadre est calme et luxuriant ; on y entend les oiseaux et les assiettes s'entrechoquer derrière les portes béantes où les jeunes cuisiniers (et ici QUE des jeunes, comme de par hasard...) aux hautes toques blanches s'affairent dans les coulisses. Là, on est vraiment bien. Le décor planté, passons maintenant au vif du sujet : qu'est-ce qu'on mange ?


La formule à 32euros est unique et cumule entrée/plat/dessert, sans vin ni café, tandis que les tarifs des plats à la carte varient entre 16 et 24euros. Alors, on prend la formule... Pour patienter, belle petite surprise : une boule d'un pain excellent présentée sur une planche, avec à ses côtés un petit pot de très bon beurre au cumin. On commence à casser la croute fort craquante pour enduire la moelleuse mie, puis l'entrée arrive : une tarte fine aux blettes, citron et fève de tonka, surmontée d'un œuf moelleux cuit à basse température, parce que la basse température, c'est à la mode. Et qu'Anne-Sophie Pic, C'EST la mode... La tarte au bon feuilletage est relevée de quelques anchois, mais aussi de petites feuilles d'herbes fraîches dont du raifort, et se laisse manger tranquillement, sans vraiment trouver cependant de fève tonka dans les parfums.


Bonne, mais pas non plus extraordinaire, tout comme la cuisse de volaille fermière confite qui suit. Alors oui, la viande est franchement fondante, cuite à la perfection, la mousseline de brocolis qui l'accompagne agrémentée d'un granola de fruits secs juste caramélisés fond et croque dans la bouche, et les brocolis entiers de belle qualité car très goutus, sont eux aussi traités avec respect. Le tout sur un jus de viande très classique, pour un plat finalement, lui aussi, très classique.


A la suite, le dessert. On l'attend. Un peu. Le temps de voir la cour se vider de ses clients et les petits zozios glaner les restes de pain sur le sol... Au moment de s'impatienter, il arrive enfin : l'opéra framboise thé matcha aux belles couleurs verte et rose. Le biscuit est moelleux, la crème fondante, mais la framboise l'emporte sur le thé matcha dont on ne trouve la pertinence que dans la couleur. D'ailleurs, le thé matcha n'a pas un grand goût, mais rôde quand même sur les cartes de tous les restaurants dans le vent depuis quelques années. Bon, le dessert est bien, propret, coupé au carré avec une quenelle de sorbet framboise qui vient rafraîchir l'ensemble, loin d'être mauvais mais on ne se tape pas le popotin par terre pour autant...


Bref, le repas est bon, mais pour ce qui est de la Anne-Sophie Pic's touch, franchement, on la cherche encore. On ne goûte donc pas sa cuisine dans cet établissement, car sa touche est visiblement réservée aux fortunés clients qui débourseront les 110euros du premier menu de son établissement gastronomique. Alors mieux vaut aller goûter la cuisine d'un chef moins connu mais qui s’évertuera à mettre de l'étonnant et du détonnant dans toutes ses assiettes, à l'instar du jeune Baptiste Poinot et de son restaurant Flaveurs, qui fait beaucoup jaser sur un certain Trip Advisor...

7, Anne-Sophie Bistro, 285, avenue Victor Hugo, 26000 VALENCE
Tel. : 04 75 44 15 32
Ouvert 7 jours sur 7 (!), midi et soir

mercredi 17 septembre 2014

Thaï Truck : ni thaï, ni truck, mais bon !



Soirée de dimanche ou de milieu de semaine, fatigue de fin de journée et ventre qui grouille dès 18h30-19h, doublé d'une flemme envahissante... Certains soirs on n'a pas envie de faire à manger, mais alors vraiment pas du tout, au point de souffler à l'idée de mettre de l'eau à chauffer pour des pâtes. C'est un fait. Bien heureusement, dans notre bonne société de consommation, les pizzérias, sushis-shop, et traiteurs divers nous sauvent la mise, en bons chevaliers des temps modernes ! Encore faut-il trouver les bons pour éviter qu'une mauvaise déception, une petite aigreur de remords, résulte de ce moment finalement intensément bon de flemmingite aigüe en canapé.


Pour décomplexer avec plaisir, une adresse : Thaï Truck. Très loin du truck (camion) qu'on s'attendrait à trouver sur un parking, ce petit restaurant des Angles au style moderne/lounge de bon goût, malheureusement un peu cassé par un service visiblement dépassé et de gros écrans extérieurs omniprésents -dont un énorme diffusant des défilés de mode ambiancés par Justin Bieber-, propose une restauration autant sur place qu'à emporter, ou à se faire livrer. On optera, du coup, pour ces deux dernières formules pour profiter pleinement de son canapé et des atouts de l'enseigne !


Thaï Truck n'a de thaï sûrement que le nom et les nems, mais les sensibilités du chef français Benjamin Brussiaud penchent avec certitude du côté du continent asiatique. Et ils les faits passer avec brio dans des plats très bien réalisés, "asian food" aux goûts et textures bien maniés. La carte : petites nourritures à partager variées, dont des tempuras de crevettes au craquant SUPER craquant et des samossas excellents aux arômes de gingembre, citronnelle, citron vert à la farce de légumes frais/viande bien relevés et très correctement cuits, bo bun soigné et délicieux, crevettes ramen aux légumes de saison parsemées de sésame et très bien assaisonnées, burger à la sauce thaï...

Le tout bien présenté dans de belles boîtes classieuses pratiques et solides pour manger presque n'importe où, et apporté par un fort souriant et sympathique livreur. Les desserts, hormis peut-être l'éternelle panna-cotta aux fruits rouges rarement ratée, ne valent pas qu'on s'y intéresse de près, entre salade de fruits frais en seau ou en tout cas clairement pas fraîche, et nems au chocolat blanc/framboise ou au nutella écœurants à souhait. Ce sur quoi on ne s'arrêtera sûrement pas, tant le côté salé enchante ! Les prix un poil élevés, comptez 20 euros par personne pour une entrée/un plat, justifient, quelque part, qualité et fraîcheur des produits, mais aussi le luxe de se faire livrer, enfin!, de la bonne bouffe asiatique qui fait extrêmement plaisir aux soirs de flemme !

Thaï Truck, 5, avenue de Verdun, 30133 Les Angles
Tel. : 04 90 20 22 02
Site internet : http://thai-trucks.com/




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jeudi 4 septembre 2014

Petit Comptoir/Agape/Carré d'Herbe : bien manger pour bien rentrer !

    Fin des vacances et  son spleen caractérisé. On rentre le cœur lourd de mémorables souvenirs, en traînant les pieds et en rechignant à l'idée de recommencer ce qu'on aime -ou pas- faire, tout en se projetant sur les prochaines vacances, voire la potentiellement future vie rêvée, et leurs futurs mémorables souvenirs... Mais en y réfléchissant un peu, la rentrée dans sa bonne petite ville a aussi ses lots de bonnes surprises et de souvenirs impérissables à venir. Alors, la Tambouille vous a déniché quelques bonnes surprises gastronomiques à Avignon, pour vivre sa rentrée gustative avec joie, ici ou là-bas !


    Là-bas, du côté de l'Isle-sur-la-Sorgue par exemple, paisible et ressourçant royaume des antiquaires, paradis des chineurs, où des alligators et éléphants figés sur les trottoirs côtoient autant chaises et tables Louis XV que du Jaume Plensa et des babioles touristiques.


C'est au milieu de ce charmant bazar, dans une cour menant vers quelques vendeurs de trésors du temps que se planque le tout aussi charmant Carré d'Herbe, avec sa mignonne terrasse partiellement ombragée et notamment sous volière, enchantant le moment. Cuisine provençale raccord avec le cadre paisible où le temps s'arrête presque, produits locaux cuisinés aux petits soins et avec pertinence, des ris d'agneaux à la confiture d'olives, jusqu'à l'éclair au chocolat-cerises pour des menus à 18 et 32 euros. Sans compter un service souriant et fort agréable. Un lieu vraiment recommandable pour s'évader avec plaisir quelques heures !


    Pour revenir en terrain routinier et se remettre dans le bain de foule local de bon pied bon estomac, une belle adresse a élu domicile en lieu et place des Corps Saints : l'Agape. De quoi se sustenter avec finesse dans ce coin envahi de restaurants de toutes spécialités : pizzéria plus qu'approximative (bien qu'incompréhensiblement courue), restos du midi sympatoches et pas chers, boui-boui frauduleux, Milk-Shop, Balthazar...



L'Agape relève là le niveau d'un cran en proposant une très belle cuisine qu'on se plairait à qualifier de semi-gastronomique plutôt que de bistrot chic, proposant notamment les fameux œufs cuits à basse température, entrée désormais phare de la nouvelle gastronomie française.



Menu du midi à 22 euros, 31 et 43 euros pour les autres, jolies assiettes plutôt très bien garnies, cuissons parfaites et associations pertinentes comme le promettent les patrons : une cuisine moderne et créative. Le tout surmontée d'un service à la hauteur. Petit bémol sur les prix des boissons qui relèvent largement la note ainsi que sur un dessert -qu'on sait si cher au besoin de douceur de certains palais pour clore un repas- : billes de tapioca noyées dans une sorte de crème au fromage blanc ponctuées de pralines roses et noisettes caramélisées, le tout franchement peu intéressant, et manquant de sucre... Une légère déception sur laquelle on ne restera cependant pas, parce que la qualité de tout le reste vaut largement le détour !










    Dernière petite perle à découvrir dans l'enceinte des remparts. Et pas des moindres. De celles qui deviennent des lieux d'habitués où l'on se presse pour passer une soirée sympathique autour de bonnes bouffes : le Petit Comptoir, remplaçant l'ancien AOC, lieu de rencontres bobos déjà bien connu des autochtones.


Et alors là, en tout point de vue, on ne peut qu'être heureux du changement, de la cuisine au tarif, en passant par la propreté des lieux ! Une super équipe de super pros de la restauration a repris l'affaire pour en faire son restaurant selon ses idées, ses logiques de professionnels aguerris, et sa volonté de faire du bon et rien que du bon, en œuvrant avec la passion de leurs métiers. 


Autant dire qu'une petite bombe est née : prix plus que corrects atteignant pour le plat le plus cher 14,90 euros, carte posée sur ardoise laissant toute sa liberté au chef de cuisine associé, et diversité des mets fort intelligente. Ici on vient manger entre potes à l'heure de l'apéro pour boire de bons vins autour de quelques amandes/moules farcies ou d'une planche de charcut' fromages, mais pas seulement. 


On peut aussi déjeuner rapidement et efficacement le midi avec une formule du jour à 13 euros, ou même se retrouver en famille autour d'un très bon repas, avec notamment un demi coquelet laqué incomparable, et des burgers "gourmets" entièrement faits maison et excellemment bien travaillés, aux recettes changeant quotidiennement. Les petits desserts  présentés dans de petits verres Duralex et au prix de 2,50 euros sont les moins choyés mais fonctionnent pourtant très bien, d'une simplicité déconcertante. Bref, il faut y aller, parce que c'est LA belle surprise de la rentrée ! 

Le Carré d'Herbe, 13, avenue des Quatre Otages, 84800 L'Isle-sur-la-Sorgue
Tel. : 04 90 38 23 97

L'Agape, 22, place des Corps Saints, 84000 Avignon
Tel. : 04 90 85 04 06

Le Petit Comptoir, 5, rue Trémoulet, 84000 Avignon
Tel. : 04 90 88 35 10

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mardi 27 mai 2014

Avignonnais, mettez-vous au Goût du Jour !

Voilà, on y est ! Températures à jupes et shorts, lunettes noires, ciel bleu quoique partiellement nuageux, soleil qui tape. Alors on court manger en terrasse, au soleil.


Mais parfois les plaisirs de la culture (au sens philosophique du terme) s'enferment. Et ce serait bien dommage de se priver des créations des grands chefs ou des petits artistes, de ceux qui éveillent nos sens autrement et nous donnent à réfléchir et à redéfinir des notions bien trop profondément ancrées, pour un bête et inébranlable soleil... Sinon, on y va le soir, et c'est réglé ! Bref, on entre dans un restaurant, donc sans terrasse, pour se délecter des belles trouvailles d'un chef inconnu dans les parages, qui a posé ses valises in Avignoun pour créer son Goût du Jour.


Richard Corre vient de Bretagne, puis de l'étranger où il a fait ses armes, et arrive comme une vague de fraîcheur sur un centre-ville patrimonial empreint d'une cuisine de chef qui s'épuise sur des acquis, hors de prix qui plus est. Ce chef-là est un créateur, un vrai. Il déstructure et s'amuse des produits, des goûts et des textures pour imaginer des alliages aux arômes francs. Aimant particulièrement travailler les légumes - selon la serveuse franchement sympa et agréable - , il enchante les bons produits qu'il choisit incontestablement avec goût, et fait réellement plaisir à sa clientèle, avec des menus à 29 et 38 euros, sans négliger la formule plat/dessert du midi à 18 euros. Ici, tout le monde est soigneusement servi et régalé, et c'est carrément beau.




Exemple de ce jeudi 26 mai : filet de lieu "saucé" au yuzu, purée de haricots verts, carottes et tomates. Une assiette aux couleurs vives, propre et belle, aux vraies bonnes odeurs printanières, jusqu'alors très rarement humées dans un plat. La purée est géniale, bon goût et bonne texture, la sauce légèrement fouettée au yuzu agrémente parfaitement bien le poisson cuit avec justesse, idem pour les cuissons des légumes assaisonnés d'une sauce aux petits pois étonnante. Pour suivre, le dessert est aussi abouti que le plat : ananas sublimement confit, sablé breton et crème glacée onctueuse à la sarriette, qui coule, qui coule, pour une alchimie qui fonctionne très bien, petite douceur sucrée de faim de repas idéale. Une table qui tape dans le mille de l'étonnement, qu'il faut connaître et faire connaître !


Le Goût du Jour, 20, rue Saint Etienne, 84000 AVIGNON
Tél. :  04-32-76-32-16
Ouvert du jeudi au lundi, de 12h à 14h le midi, de 19h à 22h le soir (réservations recommandées le soir ! ) 

mardi 13 mai 2014

Instant iodé à la Cabane d'Oléron, à Avignon


Manger du poisson à Avignon ? Pas si évident. Bien sûr on trouve dans tout restaurant surfant sur la vague des poissons les plus génocidés de notre belle époque les inébranlables cabillauds, saumons ou thons , mais rares s'aventurent dans la spécialité, bien trop éloignés de la belle bleue. Alors, planquée sous la rampe d'accès voiture du parking des Halles, une petite Cabane d'Oléron montée en toute discrétion et sans prétention fait depuis quelques mois le taf, et propose uniquement des produits - frais - de la mer. 


La salle est plutôt petite (oui, c'est une cabane), et habillée de lambris clairs rappelant la couleur du bois flotté, de filets qu'on imagine difficilement qu'ils puissent pêcher quoi que ce soit, et d'une grande photo kitschou de la mer, histoire de rappeler aux clients qu'ils baignent dans une atmosphère côtière le temps d'un repas...


Ici officie un chef débutant autodidacte, gourmand et passionné : Xavier Ferrer a su trouver sa voie en cuisine, et propose de beaux et bons petits plats, de l'entrée au dessert. Ce sont entre autres des encornets fondants et bien assaisonnés, des rougets à la sauce aux agrumes, et des saint-jacques accompagnées d'une sauce forestière dont on aurait le droit de se méfier (les accords terre-mer sont ardus), mais finalement excellentes. 


Des cuissons, goûts et saveurs respectés, une carte des poissons qui change chaque semaine, des menus fruits de mer, et des desserts aussi chouchoutés que le reste - dont une bonne crème catalane caramélisée -. Le tout servi avec le sourire et aux petits oignons pour des tarifs franchement intéressants : 12 euros le plat, 5 euros le dessert. Alors après vos harassantes courses aux halles, ou après le petit canon de blanc traditionnel, un conseil : posez-vous y et dégustez, ça vaut le coup de fourchette !

La Cabane d'Oléron, 1 rue de l'Olivier, 84000 AVIGNON
Ouvert de 11h à 15h du mardi au dimanche

Tél. : 06 98 29 10 88
Page Facebook : https://www.facebook.com/pages/La-cabane-dol%C3%A9ron/640011389369467?fref=ts

mardi 15 avril 2014

Et la Brasserie du Théâtre avala Maître Kanter...

La Taverne de Maître Kanter, ancrée depuis des lustres, et accrochée à Avignon comme une moule à son rocher, a fini par s'effacer du paysage des abords de la passante rue de la République. 


RIP Maître Kanter, tu resteras esquissé dans nos souvenirs lointains de plateaux de fruits de mer, alors bien trop anecdotiques. Pas de quoi en avoir le spleen, du coup. Surtout que seuls le nom, rebaptisé en Bistrot du Théâtre (et pas le meilleur -théâtre- d'Avignon...), et le look, dépoussiéré et bien plus aéré et moderne, ont changé. Racheté depuis 2011 par le chef cuisinier-pâtissier Didier Quesnel, qu'on a pu rencontrer notamment au détour de l'un des trois restaurants de l'Intercontinental de Genève, ainsi que par son épouse Sabine, grande professionnelle des métiers de salle ayant officié notamment au Mas des Herbes Blanches, ou plus modestement au Noga Hilton, l'établissement a continué à garder la formule qui l'a toujours fait tourner : la brasserie. 



Une brasserie, vivante, ouverte 7/7 et en continue de 7h30 à 23h30, avec terrasse sur trottoir et cartes plastifiées, apportées par des serveurs sur leurs 31 classés en hiérarchie bien établie, et ici franchement agréables, petits déjeuners, plats du jour, escargots, pièces de viande, salades, fruits de mer, bières, cafés... Enfin, une vraie brasserie parisienne, quoi ! avec toute l'activité du personnel, des clients, et de la route, que ça implique, sorte de valse typique. Le chef de patron ne fourre son nez que dans les cartes, élaborées à 4 mains avec son discret chef Laborie, aux manettes pendant les services. 



Et les manettes, à en croire ce déjeuner de semaine, sont plutôt bien maniées. Plat du jour : agneau rôti au thym, avec son petit jus bien aromatisé (rare dans l'assiette, seul bémol notable) qui va très bien, et un joli et bon gratin dauphinois, dans son petit plat bien propre, pour 9 , 80 euros. Une belle assiette, simple et sans fioriture : juste de bons produits travaillés avec respect, autrement dit, La Base de la gastronomie. S'en est ensuivi, en ce midi parsemé de tâches de soleil entre les ombres des platanes de bord de bitume, le dessert de ce rapide déjeuner : le désormais traditionnel café (thé, pour le coup) gourmand. Apparition divine dans le royaume des cafés gourmands, l'assiette vaut le clic de l'appareil photo. Composée d'échantillons de crème brûlée, de fraises fraîches juste coupées en quart, sans rien dessus et d'une pertinence admirable, d'une bouchée d'un opéra fondant, d'une pana cotta aux fruits rouges, d'une boule de glace amarena, et d'une tuile dentelle craquante et grasse comme il se doit. Et là, on repart heureux. Une belle adresse tenue par des gens qui aiment ce qu'ils font, et qui le font avec professionnalisme.

La Brasserie du Théâtre, 36, cours Jean Jaurès, 84000 AVIGNON

Tel. : 04-90-27-18-18

samedi 18 janvier 2014

Le Balthazar, successeur au trône du F Café.




Oyez, oyez braves avignonnais: en ce début 2014, le F Café de la place des Corps Saints n’est plus. Cet établissement particulièrement sombre, connu pour ses soirées branchouilles , et jusqu’alors investi de la clubbeuse « rive droite » avignonnaise, a laissé sa place au Bistrot Balthazar. Et à sa clientèle trentenaire-quadragénaire « rive gauche », qui a suivi les repreneurs de l’affaire, dont le chef de cuisine Olivier Laplaud, depuis leur première petite entreprise qui-ne-connaît-pas-la-crise : le très apprécié METropolitan,  (bon) restaurant de la Collection Lambert, actuellement fermé pour travaux d’extension du musée.


Le bar de la belle place des Corps Saints a donc fait peau neuve pour s’illuminer, enfin !, d’une salle claire et accueillante : décor vintage à la mode 2014, vieilles pubs en panneaux de fer plaquées sur les murs, banquettes dignes d’un film de Tarantino, et bar choyé comme un sou neuf ! Le restaurant de l’établissement fait chambre à part, depuis ses anciens propriétaires déjà, mais s’est conséquemment agrandi. Ambiance intimiste symbolisée par des tableaux de paysages aux murs (comme c’est original…), nappes et murs immaculés de blanc, poutres apparentes blanchies. Le classique du genre, quoi!, histoire de rassurer une clientèle en quête de tranquillité, et rechignant à l’idée de « bistroter »au milieu des clients plus bruyants du café-bar, effectivement très vivant selon les jours (les enfants aiment particulièrement le large espace de la pièce). Mais la carte, elle, reste la même des deux côtés.



La carte, on y vient: formules diverses allant de l’ardoise avec le plat du jour seul à 11,90euros, suivi du dessert ou devancé d’une entrée pour 22euros, ou les trois à la suite à 27euros, traditionnelle planche de charcut’/fromage, assiettes de crustacés/coquillages, et plats à la carte. Un peu cher pour un bistrot avignonnais, à première vue… Impression vite oubliée dès le service des plats, on se dit même qu’on a eu tort de douter des tarifs.



Parce que les assiettes apportées sont soignées, belles, à la hauteur des prix : gambas poêlées et juste bien cuites comme on les aime, darne de thon de belle taille et à la cuisson respectée, gratin de pommes de terre soufflé et léger, et écrasé de pommes de terre du même acabit. Et pour finir en beauté, on se laisse tenter par une sacrée tarte tropézienne, voluptueuse et nuageuse, de la pâtisserie avignonnaise du même nom, ou par un café gourmand confectionné par l’excellente pâtisserie Marcellin de Villeneuve-Lès-Avignon (article à venir). Collaboration avec de bons artisans de la région plus que louable, repas pris avec plaisir, lieu qui respire le bon-vivre, et accueil parfait,  pour couronner le tout. La bonne adresse pour bien commencer 2014 ! 

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Le Balthazar, 74 Place des Corps Saints, 84000 AVIGNON
Tel.:  04 88 07 36 09
Site internet:  https://www.facebook.com/bistrotbalthazar
Ouvert du lundi au dimanche